Violences électorales en Guinée : le gouvernement tente-t-il de charger l’opposition?

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Violences électorales en Guinée : le gouvernement tente-t-il de charger l’opposition?

En dépit de l’espoir que suscite le cadre permanent de dialogue chez les plus optimistes, le bras de fer entre pouvoir et opposition en Guinée s’étend

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En dépit de l’espoir que suscite le cadre permanent de dialogue chez les plus optimistes, le bras de fer entre pouvoir et opposition en Guinée s’étend du terrain politique à celui diplomatique. En témoigne ce rapport récemment transmis aux représentations diplomatiques par les autorités guinéennes dont Guineenews s’est procuré copie.

Il s’agit d’un document portant l’image des armoiries de la République, avec le titre « Rapport sur les violences politiques en Guinée (2019-2020) et les enquêtes judiciaires en cours », mentionnant le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation et celui de la Sécurité et de la Protection civile.

Dans ce document, il y a une partie théorique de 29 pages où le pouvoir charge le FNDC et l’UFDG, une deuxième (11 pages) portant certaines images légendées, avec le titre « violences politiques avec sabotages-attentas-destructions d’édifices publics », une troisième partie intitulée « analyse synoptique et établissement des faits sociopolitiques de l’opposition guinéenne» en 22 pages et quatrième de 12 pages titrée «MSPC-compilation des journaux des événements du 19 au 23 octobres 2020 ».

Et la conclusion de la première partie en dit long, quant au message que le gouvernement tente de faire passer. « Depuis 2011, le gouvernement de la République de Guinée a largement fait preuve de son engagement à respecter les libertés fondamentales des citoyens de manière générale et, dans le cas d’espèce, vis-à-vis des militants de l’opposition », entame cette partie théorique.

Poursuivant, l’auteur du document affirme «qu’il n’existe ni journaliste emprisonné ni prisonnier d’opinion en Guinée ».

Et relever «qu’il est regrettable de constater de la part des organisations de défense des droits de l’homme et de certaines représentations diplomatiques une vision figée et une approche unidimensionnelle de la protection des droits de l’homme et des peuples ».

Ajoutant que «non seulement les efforts déployés dans l’amélioration de la gouvernance démocratique ne sont pas reconnus à leur juste valeur, mais, plus préoccupant, la tendance à systématiquement dénoncer les seuls gouvernements conforte les opposants dans nos pays dans la conviction qu’ils n’ont aucune responsabilité dans la promotion et la protection des droits de l’homme».

Dans cette logique pour le régime de Conakry, «la situation actuellement en Guinée illustre parfaitement ce déséquilibre. D’un côté une organisation de la société civile associée à des acteurs politiques qui déclare et assume publiquement s’affranchir des lois et institutions de la République et qui se livre à des actes de violences assumés, de l’autre le gouvernement qui a la responsabilité de préserver l’ordre public et qui s’attache à le faire dans le respect des lois. Paradoxalement, seul le gouvernement se retrouve interpellé et sommé de rendre des comptes ».

En lieu et place de ce qui est perçu comme exaction dans les rangs de l’opposition, le pouvoir explique que « les mesures prises par les autorités en charge de la sécurité et de la justice à la suite des violences liées au referendum constitutionnel, aux élections législatives et l’élection présidentielle de 2020 sont adoptées pour des raisons de sécurité intérieure et dans le strict respect des lois de la République. Comme tout gouvernement, le gouvernement guinéen a l’obligation de faire face à toute menace de déstabilisation de la Guinée.» Arguant que « les informations ci-avant exposées et celles ne pouvant pas être publiées démontrent largement la réalité de cette menace».

Pour terminer, il indique «qu’en tout état de cause, le gouvernement guinéen se tient disposé à faire toute requête pour des compléments d’informations et réaffirme son engagement à collaborer avec toute institution œuvrant dans le sens de l’avantage démocratique de nos Etats».

Comme pour dire que le bras de fer avec l’opposition se joue maintenant plus que jamais sur le terrain diplomatique où la pilule amère du troisième mandat passe difficilement, notamment chez les partenaires occidentaux.

A propos de la paternité du document, Guineenews a tenté de recouper l’information auprès des autorités. Mais nos multiples sollicitations sont restées sans suite.

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