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Pourquoi la science doit accepter le Covid –Organics de Madagascar et les idées des laboratoires du SUD ?

On  pense souvent que les idées brillantes viennent des laboratoires du Nord. C’est oublier que les racines des génies viennent simplement de l’observation d’un phénomène  que le commun des mortels ignore. L’occident n’a fait que féconder les idées brillantes des autres civilisations depuis la Maîtrise de l’énergie –Tirer des forces utiles du désordre des forces du Chaos.

Je suis surpris que les laboratoires du Nord ne cherchent même pas à vérifier  les effets du Covid-Organics malgache alors que beaucoup s’essaient déjà à la chloroquine.

Mihaly est une figure de proue de la psychologie positive de la créativité, de l’invention et des découvertes.  Il nous rappelle  Les délices de la science : « Si nous pouvons devenir un historien amateur, pouvons-nous également devenir un scientifique amateur » ?

La question se pose puisqu’on répète souvent que la science est une activité hautement institutionnalisée et qu’elle se fait dans les « grandes ligues » : laboratoires Très équipés, budgets considérables, équipes imposantes.

Si le but est de gagner le prix Nobel ou d’obtenir la reconnaissance des collègues dans l’arène compétitive d’une discipline, il faut adopter cette façon spécialisée et coûteuse de pratiquer la science. Pourtant, ce modèle onéreux de type de travail à la chaîne n’est pas une description appropriée de ce qui fait le succès de la science.

Il n’est pas vrai, en dépit de ce qu’en disent les technocrates dans ce domaine, que les percées dans la science proviennent exclusivement d’équipes où chaque chercheur est spécialisé dans un champ très étroit et dispose d’équipements supersophistiqués; il n’est pas vrai que les grandes découvertes sont faites seulement dans les centres recevant les subventions les plus importantes. Ces conditions peuvent aider à vérifier les nouvelles théories, mais elles ne font pas nécessairement germer les idées les plus brillantes. Les vraies découvertes viennent plutôt de personnes qui aiment jongler avec les idées et explorer des territoires inconnus.

Même la science« ordinaire» (en comparaison avec la science créative ou « révolutionnaire ») n’existerait probablement pas si elle ne procurait pas l’enchantement à ceux qui y travaillent. Dans son ouvrage classique, La Structure des révolutions scientifiques, Thomas Kuhn suggère quelques raisons qui rendent la science si fascinante : « En concentrant l’attention sur un domaine limité de problèmes ésotériques, le paradigme[ou l’approche théorique] force les scientifiques à explorer une partie de la nature en détail et en profondeur, ce qui serait inimaginable autrement. » Cette concentration est rendue possible par des « règles qui limitent à la fois la nature des solutions recevables et les étapes grâce auxquelles elles sont obtenues ». Deplus, Kuhn affirme qu’un scientifique qui s’engage dans la science « normale » n’est pas motivé par l’espoir de transformer la connaissance, de trouver la vérité ou d’améliorer les conditions de vie. « Ce qui le stimule, c’est la conviction que, s’il est suffisamment compétent, il résoudra une difficulté que personne n’avait résolue avant lui ou que personne n’avait résolue aussi bien. » Il ajoute enfin que la fascination pour la recherche normale réside moins dans le résultat anticipé que dans la démarche incertaine pour y arriver.

« Celui qui réussit se prouve à lui-même qu’il est apte à solutionner des problèmes et c’est ce qui le motive. »

Le physicien Dirac, qui a décrit le développement de la mécanique quantique, déclarait en 1920 : « C’était un jeu, un jeu très intéressant. » Ces commentaires ressemblent aux témoignages des alpinistes, des navigateurs, des joueurs d’échecs et de ceux qui s’intéressent aux énigmes lorsqu’ils décrivent l’expérience optimale qu’ils vivent dans leurs domaines respectifs.

Si les chercheurs « ordinaires » sont motivés par les défis intellectuels qu’ils affrontent, les scientifiques« révolutionnaires » -ceux qui remplacent les paradigmes existants par des nouveaux – sont encore plus attirés par l’enchantement que procure la science.

L’exemple de l’astrophysicien Chandrasekhar est particulièrement intéressant. C’est sur le lent bateau qui le conduisit de Calcutta à l’Angleterre (en 1933, alors qu’il était encore jeune) qu’il écrivit un modèle de l’évolution stellaire devenu plus tard la base de la théorie des trous noirs. Ses idées étaient si étranges qu’elles mirent du temps à être acceptées par la communauté scientifique. Entre-temps, il fut engagé à l’université de Chicago et continua ses recherches dans une relative obscurité. On raconte qu’en 1950, il travaillait à l’observatoire de l’université à William Bay, Wisconsin (à quatre-vingt-dix kilomètres du campus) et que, pendant l’hiver, il parcourait les routes de campagne deux fois par semaine pour donner son cours à deux étudiants seulement ! Quelques années plus tard, ces deux étudiants obtinrent à tour de rôle le prix Nobel de physique. Quant à Chandrasekhar, il obtint le Nobel en 1983.

C’est souvent dans des circonstances surprenantes -et parfois peu facilitantes – que de grands esprits amoureux des idées ont fait des percées importantes.

Les deux protagonistes de découvertes étonnantes en superconductivité, K. A. Muller et J. G. Bednorz, travaillaient dans un laboratoire très ordinaire d’IBM à Zurich (Suisse). Pendant des années, ils ne révélèrent à personne l’objet de leur recherche, non par crainte d’être volés, mais par peur du ridicule. Ils ont reçu le prix Nobel de physique en 1987. Tonegawa, qui reçut le prixNobel de biologie (1987), est, selon son épouse, « quelqu’un qui fait les choses à sa façon» ; il travaille seul et préfère les sports individuels, comme la luttesumo. Il semble bien que les grandes découvertes dépendent moins d’équipements sophistiqués et de grandes équipes que des ressources d’un seul esprit qui prend plaisir à ce qu’il fait.

Ce qui nous intéresse ici est moins la « grande science » que celle pratiquée en amateur ou en dilettante: le délice que des gens ordinaires connaissent en examinant un phénomène naturel et en découvrant ses lois. Pendant des siècles, ceux que nous considérons maintenant comme de grands scientifiques ont pratiqué la science comme un passe-temps qui les fascinait : Copernic (1473-1543) a élaboré sa description du mouvement planétaire pendant qu’il était chanoine à la cathédrale de Frauenburg ; Galilée (1564-1642) s’est amusé, entre autres, à réaliser des expérimentations parfois dangereuses en vue de situer le centre de gravité d’objets solides alors qu’il avait une formation en médecine ; Newton (1642-1727) effectua ses découvertes majeures après avoir reçu son baccalauréat à Cambridge, en 1665, au moment où l’université était fermée à cause de la peste. Il remplit ces deux années en jouant avec ses idées sur la gravitation universelle ; Lavoisier (1743-1794), le fondateur de la chimie moderne, était fonctionnaire à la Ferme générale de France et effectuait ses expériences fascinantes en dehors de son travail; Galvani (1737-1798), connu pour ses découvertes sur la conductivité électrique des muscles et des nerfs, a pratiqué la médecine toute sa vie; Mendel (1822-1884) était un moine qui a réalisé ses expérimentations sur la génétique en s’occupant de son passe-temps favori, le jardinage. Michelson, le premier Américain à gagner un prix Nobel en science (1907) pour ses travaux sur la mesure de la vitesse de la lumière, n’avait pas d’autres raisons à donner que celle-ci: « C’était tellement intéressant. » Enfin, Einstein écrivit ses articles les plus importants sur la relativité pendant qu’il était ingénieur à l’Office des brevets de la Suisse (entre 1902 et 1905). Tous ces grands scientifiques et bien d’autres n’étaient pas des « professionnels» dans leur domaine ; ils nous ont fait profiter des fruits de leur génie parce qu’ils étaient passionnés par le travail de l’esprit.

La situation est-elle différente de nos jours ? Il semble bien qu’un amateur- sans doctorat, sans équipe et sans budget – a peu de chances de faire progresser la recherche dans des domaines comme la supraconductivité et la spectroscopie nucléaire à résonance magnétique.

Cependant, la science n’est pas que cela. Le schème mental fondamental qui rend la science passionnante est accessible à tous. Il implique la curiosité, l’observation attentive, l’enregistrement discipliné des données, de même qu’une façon de faire ressortir les associations sous-jacentes au phénomène étudié. À cela s’ajoutent l’humilité nécessaire pour apprendre les résultats de nos devanciers, un certain scepticisme, l’ouverture d’esprit et assez de détachement pour rejeter une croyance ou une idée qui ne sont pas confirmées par les faits.

Définie de cette façon, la science a beaucoup plus d’adeptes qu’on ne pourrait le croire. Certains s’intéressent au domaine de la santé et collectent l’information sur une maladie qui les menace, eux ou leur famille; d’autres se passionnent, comme Mendel, pour les croisements d’animaux domestiques ou la création de nouvelles fleurs hybrides; d’autres refont les observations des astronomes anciens avec leur télescope installé sur le toit; d’autres font des excursions dans des coins reculés à la recherche de minéraux ou de spécimens de cactus rares ; enfin, des milliers d’individus ont développé leurs aptitudes en mécanique à un point tel qu’ils sont parfois très près d’une véritable compréhension scientifique. Qu’est-ce qui pousse ces gens, qui ne deviendront jamais des chercheurs « professionnels » et dont le passe-temps est rarement pris au sérieux ?

C’est, semble-t-il, parce que la science, comme bien d’autres activités, « apporte de l’ordre dans la conscience, qu’elle est passionnante et contribue à la qualité de la vie ».

L’afroarcheofuturisme (voir https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=africanus+archeofuturisme+&sft=1&sa=0 )  que je défends  a la conviction que la respectabilité de l’homme noir se trouve dans la technoscience,  et non dans les fausses fiertés comme les « petits guerriers du Konia du Politicien Damaro Camara ,  qui ne représentent même pas une once dans l’histoire de l’humanité. » , ni dans les masques stériles de virilités de certains panafricanismes.  Le vrai panafricanisme s’impose dans la Technoscience par la mutualisation des efforts de nos centres de recherche appliquée qui revivifient certaines pratiques de notre archè.

Bravo Madagascar.

Alpha Mamadou Baldé

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