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Double scrutin : Branle-bas de combat pour Alpha Condé en Guinée

A moins d’une semaine du double scrutin, le président de la République poursuit sa campagne électorale à sens unique, en vue de convaincre les électeurs à voter massivement le 1er mars en faveur du « Oui » au référendum constitutionnel. Ce mercredi, Alpha Condé est annoncé dans les préfectures de Boffa et Boké où comme lors des étapes précédentes, il va certainement « bassiner » ses militants avec des promesses lénifiantes.

Pour ceux qui s’attendaient encore comme par enchantement que le président  renonce à ce projet controversé, les choses sont désormais claires, que rien ne peut plus arrêter la machine.

On pourrait donc dire sans risque de se tromper que les dés sont  jetés.  Et c’est le moment qu’a choisi l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour jouer les filles de l’air. Après avoir pourtant pactisé avec la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) durant toute une décennie. C’est maintenant que l’OIF se rend compte qu’elle s’est fourvoyée dans un chemin sans issue.

Après plusieurs dizaines de morts enregistrés depuis 2010 dans des conflits électoraux, autour d’un fichier corrompu.

Ce réveil tardif de cette organisation, constitue certes un camouflet pour le gouvernement guinéen. Mais ne perdons pas de vue que cette organisation  n’a toujours pas été exempte de critiques dans son modus operandi sur le continent. L’OIF a toujours été suspectée d’être du côté des tenants du pouvoir. A preuve, on se rend compte avec le recul, qu’elle aura aidé la Ceni à cacher la poussière sous le tapis. N’eut été la sagacité du Front national pour la défense de la constitution (Fndc), sa représentation en serait encore là, à louvoyer, et à cautionner ce double scrutin.

Il a fallu que les membres du  Fndc interpellent son envoyé spécial Tiéman Hubert Coulibaly ancien chef de la diplomatie malienne, sur la responsabilité qui pourrait être la sienne, en cas de violences qui découleraient de la mascarade électorale en vue, pour amener l’institution à se rebiffer. C’est du moins ce que pensent maints observateurs du landerneau politique guinéen. Et ils n’ont pas tout à fait tort.

Et comme par acquit de conscience, l’OIF s’est finalement fendue d’un communiqué dans lequel elle justifie son retrait du processus électoral par des insuffisances constatées dans le fichier. Comme le cas  « des 98% des 2.490.664 électeurs présents dans le fichier, alors que ne disposant pas de documents permettant leur identification, bien que la loi prévoie 6 types de pièces pour justifier l’identité et l’âge de l’électeur. »

Sur la base de ce constat, l’OIF a déclaré de but en blanc qu’il lui sera « difficile de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée, tant qu’un consensus sur le nombre d’électeurs ne sera pas négocié par toutes les parties prenantes nationales. »

Voilà qui est bien dit et qui apporte de l’eau au moulin des opposants au projet de changement constitutionnel.

Et pendant que le Fndc savoure cela comme une victoire, dans le camp de l’exécutif c’est le branle-bas de combat.

Pour contrer les menaces sur d’éventuelles attaques contre les urnes lors du vote du 1er mars, l’armée a été appelée en renfort.

C’est dans cette optique que le chef d’Etat-major de l’armée de terre a dans un courrier daté du lundi 24 février 2020, annoncé les couleurs, de ce qui est de la mise en alerte de toutes les unités relevant de son commandement, ce à compter de ce mardi, 25 février 2020, sur toute l’étendue du territoire national. En plus des patrouilles nocturnes que ces unités de l’armée sont autorisées à effectuer durant leur réquisition, elles sont aussi invitées à renforcer la sécurité des bureaux de vote, en cas de nécessité.

Pour en remettre une louche, la fermeture des écoles à partir  du 27 février a été aussi décrétée par le pouvoir. Ce jusqu’au 03 mars.

Déjà les bureaux de l’administration publique eux, ont été quasiment désertés il y a longtemps, les ministres et les directeurs des régies financières ont été déployés dans leurs régions d’origine pour jouer les rabatteurs. Histoire de contrecarrer le Fndc qui menace d’empêcher le double scrutin.

A cette allure, même le PDG n’aurait pas fait mieux dans le prosélytisme politique avec une administration qui  se substitue carrément au parti au pouvoir.

Mamadou Dian BALDE

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